Meurtre au couteau à Charleville-Mézières: l’auteur présumé remis en liberté

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Le drame s’était produit en mai dernier, lors d’une bagarre chez un habitant du quartier de la Houillère. Ce jeudi, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Reims a mis fin à sa détention provisoire. Un homme avait été tué, un autre grièvement blessé.

 

Les faits
Le 8 mai 2020, vers 1 heure du matin, les policiers de Charleville-Mézières sont requis pour une rixe rue Harar, dans le quartier de la Houillère.

Deux hommes gisent sur la voie publique. Ils présentent des blessures importantes à l’arme blanche.

Nicolas Denis, un père de famille de 36 ans, décède à l’hôpital. Son ami Francis Jacquet, 56 ans, est sérieusement touché aux avant-bras.

Locataire de l’habitation où la rixe a éclaté, Frédéric Potdevin, 36 ans, reconnaît avoir porté les coups. Il est mis en examen pour « meurtre » et « tentative de meurtre », puis placé en détention provisoire.

Ce jeudi, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Reims a ordonné sa remise en liberté sous contrôle judiciaire.



Le 8 mai dernier, vers 1 heure du matin, une bagarre à l’arme blanche tournait au drame dans une maison de la rue Harar, au quartier de la Houillère à Charleville-Mézières. Si Francis Jacquet, 56 ans, en ressortait vivant avec de graves lésions aux avant-bras, son ami Nicolas Denis, 36 ans, succombait à ses blessures.

Neuf mois plus tard, le locataire de la maison, Frédéric Potdevin, 36 ans, mis en examen pour « meurtre » et « tentative de meurtre », comparaissait ce jeudi devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Reims, où son avocat rémois, Me Arthur de la Roche, a plaidé sa demande de remise en liberté, finalement accordée par les juges. Une décision motivée par l’avancement du dossier – les investigations sont réalisées pour l’essentiel – et par la personnalité de Frédéric Potdevin, casier vierge, qui ne présente aucun risque de fuite et n’a jamais varié dans ses déclarations ni cherché à nier les coups de couteau portés dans un contexte très particulier.

Astreint à un contrôle judiciaire strict, il a notamment l’interdiction de se rendre dans les Ardennes, avec une résidence désormais fixée chez une connaissance en Normandie.

Alcool et cannabis
D’après les éléments du dossier, Francis Jacquet reprochait à Frédéric Potdevin de continuer à voir son fils pour lui vendre du cannabis. Cette nuit du 7 au 8 mai 2020, accompagné de Nicolas Denis, il s’était rendu au 25bis rue Harar pour « une expédition punitive », selon Me Arthur de la Roche et l’avocat général lui-même sensible à cette thèse ; « simplement » pour lui demander de ne plus fournir son fils en cannabis, assure le père, lequel accusait également Frédéric Potdevin de vouloir l’entraîner dans un trafic de drogue, ce qu’il dément : « Il est comme un frère pour moi », a-t-il dit devant la chambre de l’instruction.

Toujours est-il qu’une bagarre a éclaté au cours de laquelle Frédéric Potdevin déclare s’être emparé d’un couteau en état de légitime défense. Il aurait d’abord frappé Francis Jacquet avant de poignarder Nicolas Denis à l’abdomen. Découvert devant la maison avec une plaie béante, il succombait à l’hôpital en tout début de matinée. Dépanneur automobile, lui aussi habitait la Houillère, non loin du domicile de Frédéric Potdevin, arrêté sans difficulté chez lui par les policiers de Charleville-Mézières puis remis à leurs collègues du SRPJ de Reims saisis de l’affaire.

Le cannabis n’apparaît pas en seule toile de fond de cette dramatique affaire ; l’alcool aussi a eu son rôle. Avant de se rendre rue Harar, les deux hommes avaient débuté la soirée autour d’un barbecue, verres à la main.

ARTHUR DE LA ROCHE / Avocat : EN SAVOIR +