Collision entre une trottinette et un policier à Reims : un an après, l’enquête classée, le jeune du quartier Wilson toujours handicapé

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Le 14 octobre 2021, une tentative d’interpellation tournait mal dans le quartier Wilson à Reims, avec la grave chute à trottinette d’un jeune homme de 26 ans qui cherchait à échapper aux policiers. Un an après, il est toujours handicapé et la double enquête ouverte à l’époque par le procureur a été classée.

Il a survécu, mais au prix de lourdes séquelles cérébrales. Privé de l’usage de ses membres, alité la plupart du temps, sorti du coma avec un niveau de conscience très altéré ne permettant qu’une communication minimale avec son entourage, Ben-Ounes Ounnas est ce jeune habitant du quartier Wilson grièvement blessé à trottinette lors d’une tentative d’interpellation, il y a tout juste un an, le 14 octobre 2021, dix jours avant son 27e anniversaire.

La brigade anticriminalité l’avait repéré vers 15 h 30, place Mozart, en train de discuter avec un ami malgré une interdiction judiciaire de contact. Il repartait sur sa trottinette, tournant dans le quartier pour échapper aux agents, jusqu’au face-à-face avec l’un d’eux et sa chute à l’angle des rues Beethoven et Gemaine-Abelé. Touché à la tête, il était évacué inconscient à l’hôpital, avec un pronostic vital qui fut longtemps engagé.

 

Il a survécu, mais au prix de lourdes séquelles cérébrales. Privé de l’usage de ses membres, alité la plupart du temps, sorti du coma avec un niveau de conscience très altéré ne permettant qu’une communication minimale avec son entourage, Ben-Ounes Ounnas est ce jeune habitant du quartier Wilson grièvement blessé à trottinette lors d’une tentative d’interpellation, il y a tout juste un an, le 14 octobre 2021, dix jours avant son 27e anniversaire.

La brigade anticriminalité l’avait repéré vers 15 h 30, place Mozart, en train de discuter avec un ami malgré une interdiction judiciaire de contact. Il repartait sur sa trottinette, tournant dans le quartier pour échapper aux agents, jusqu’au face-à-face avec l’un d’eux et sa chute à l’angle des rues Beethoven et Gemaine-Abelé. Touché à la tête, il était évacué inconscient à l’hôpital, avec un pronostic vital qui fut longtemps engagé.

Une double enquête confiée à la police judiciaire
Dès les premières minutes du drame, la rumeur d’une percussion volontaire de la trottinette par un véhicule de police parcourut le quartier. Le procureur de Reims Matthieu Bourrette ouvrait deux enquêtes, la première « pour refus d’obtempérer et violence avec arme sur agent de la force publique, en l’occurrence la trottinette, sans préjuger de ce qui a pu se passer », expliquait-il à l’époque, la seconde « en recherche sur les causes de blessures graves », axée sur les conditions d’intervention des policiers. La police judiciaire était saisie, « par souci d’objectivité et d’impartialité par rapport à la sécurité publique » (le service auquel appartient la BAC).

« Aucune percussion avec un véhicule »
Un an après, sollicité sur cette affaire, le procureur révèle que les investigations ont pris fin, sans décision de poursuite. « S’agissant des faits qui visaient le jeune homme, j’ai classé le dossier, sa situation ne permettant ni son audition, ni éventuellement sa poursuite pénale. J’ai également classé le dossier “en recherches de blessures”, considérant qu’en l’état il n’y avait pas d’infraction reprochable au policier. L’avocat de la famille du jeune homme, qui a eu copie du dossier, m’avait demandé la réalisation d’un certain nombre d’actes. J’avais fait droit à certains de ces actes, qui n’avaient rien donné de plus. J’en avais informé l’avocat. »

« Je pourrais toujours rouvrir après audition du jeune homme si des éléments nouveaux advenaient »

Le scénario retenu ne diffère donc pas de celui que le procureur avait présenté lors d’un point-presse le 28 octobre 2021. Au vu des « constatations médicales, techniques et matérielles » , « il n’y a eu aucune percussion entre un véhicule et la trottinette ». « La thèse la plus probable est celle d’une percussion entre sa trottinette et un fonctionnaire de police qui se trouvait à pied et qui avait fait signe à l’intéressé de stopper sa progression, afin de procéder à son interpellation. Il le percutait violemment, le faisant chuter au sol, et chutait lui-même lourdement. ».

Appel au calme
Le jeune homme ne portait pas de casque, et roulait « vraisemblablement au-delà de 30 km/h », sur une trottinette « débridée, lui permettant d’atteindre à vide 70 km/h et environ 50 km/h avec une personne dessus » . Le policier fut légèrement blessé, « et traumatisé ».

Le classement ne signifie pas clôture définitive. « Je pourrais toujours rouvrir après audition du jeune homme si des éléments nouveaux advenaient », souligne Matthieu Bourrette. De son côté, l’avocat de la famille, Me Arthur De La Roche, a fait savoir que celle-ci « ne souhaitait pas communiquer à ce stade » : « Je ne m’exprimerai donc pas ».

Les proches de Ben-Ounes Ounnas ont toujours fait le choix de la discrétion et de la retenue, une attitude d’ailleurs saluée par le procureur. Lors du point-presse, il avait publiquement « remercié » la famille « pour avoir appelé depuis le premier jour au calme, et au respect du travail de la justice ». Le quartier n’avait connu aucun incident à la suite de cette affaire.

ARTHUR DE LA ROCHE / Avocat : EN SAVOIR +