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Pour financer sa consommation de stupéfiants, il servait de nourrice pour des trafiquants. 700g de drogue et 11 800 euros en espèces ont été découverts à son domicile.
Dans le jargon judiciaire, on appelle cela une « saisie incidente » : ce n’est pas ce que les enquêteurs étaient venus chercher en perquisitionnant ce logement, mais ils s’en sont tout de même occupés.
Le 28 mai 2024 au petit matin, une opération simultanée vise plusieurs lieux du sud-ouest de Reims avec pour cible des ressortissants de la communauté tchétchène. Si une filière de travail clandestin et de traite d’être humains est au cœur de cette enquête menée par la Juridiction interrégionale dans la lutte contre la criminalité et la délinquance organisée de Lille, un volet pour trafic d’armes a aussi donné quelques résultats.
Parmi les personnes interpellées ce jour-là se trouve un Rémois de 20 ans. Il a été placé en détention provisoire pendant cinq mois dans le cadre de cette affaire, qui n’a pas encore été jugée, avant d’être remis en liberté sous contrôle judiciaire. Il y a quelques jours, il comparaissait devant le tribunal judiciaire de Reims pour répondre de cette fameuse saisie incidente.
Des billets entassés dans un placard
Dans sa chambre, les policiers ont découvert 20 grammes de cocaïne et 680 grammes de résine de cannabis. Puis « entassés négligemment dans un placard », des billets pour un total de 11 800 euros. Le jeune homme est poursuivi pour détention de produits stupéfiants, son avocat Me De La Roche ne le conteste pas, expliquant « une spirale infernale. Il consomme des stupéfiants, il est oisif, ça coûte cher alors il devient nourrice. Il garde les produits, il les conditionne, mais il est tout en bas de l’échelle ».
L’avocat conteste en revanche les faits de blanchiment également reprochés à son client. « On ne parle pas d’un barber comme qu’il en fleurit partout, à Reims comme ailleurs, et qui sert à réinjecter l’argent de la drogue : ça, c’est du blanchiment. Lui ne faisait que garder cet argent pour d’autres. » Il a obtenu la relaxe qu’il demandait sur cet aspect du dossier. Le prévenu a été condamné uniquement pour la détention de produits stupéfiants à six mois d’emprisonnement avec sursis probatoire pendant deux ans.

