Mon client s’est fait savater » : bagarre et représailles à Pargny-sur-Saulx après une sortie en boîte de nuit

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D’abord dans un établissement festif de Bar-le-Duc puis le lendemain à Pargny-sur-Saulx, deux bandes se sont affrontées. Six personnes ont été mises en cause pour ce second épisode mais seules deux ont été déclarées coupable.

« Au cimetière », voilà où la victime d’une violente agression aurait pu finir, selon les termes de son avocat, Me Benkoussa. Le 18 janvier dernier, un jeune homme est roué de coups par une bande. Laquelle ? Qui précisément ? L’enjeu de cette audience du jeudi 20 mars 2025 est de le savoir. Toujours est-il que quelques secondes, « une éternité », quand on est celui à terre, ont fait basculer la vie d’un jeune homme.

Le tout justifié par un motif « futile », regrette la présidente de l’audience. La veille, deux groupes de jeunes gens, d’à peine 19 à 22 ans pour la troupe de Vitry-le-François, se rencontrent au VIP, une boîte de nuit de Bar-le-Duc. Un jeune en bouscule un autre, les esprits s’échauffent. Les clans pargnysiens et vitryats se défient et sont rappelés plusieurs fois à l’ordre par un vigile de l’établissement. Mais une fois qu’ils sont sortis de ce lieu où est censé régner la fête, c’est la violence qui prend le pas.

Je crois que l’honneur de l’institution judiciaire, c’est d’admettre que l’on s’est trompé »

Me De la Roche, avocat d’un mis en cause

Un Vitryat finit au sol mais refuse sa prise en charge par les pompiers, puis est emmené par ses autres copains à l’hôpital. La police fait usage d’une bombe lacrymogène pour disperser ces jeunes hommes, prêts à tout pour en découdre. Comme souvent, personne ne veut en rester là. « On a des menaces de représailles le 17 et le 18 et il se passe quoi ? » Question rhétorique de Me Benkoussa au soutien de la partie civile. « Eh bien des représailles. »La bande de Vitryats se met en quête, dès l’aube, des membres du clan pargnysien. Pour « mettre les choses au clair » et avoir un échange « pacifique », font-ils valoir devant les magistrats.

La téléphonie au cœur des débats

« Sauf que mon client s’est fait savater », rappelle franchement la partie civile. Et cela, personne ne le nie. « Ce sont des violences graves, reconnaît Me De la Roche, l’avocat de l’un des prévenus, excluant cependant la participation de son client. Je crois que l’honneur de l’institution judiciaire, c’est d’admettre que l’on s’est trompé. » La même ligne est adoptée par les avocats de trois autres prévenus, sur six au total. « Monsieur est une victime dans ce dossier, admet Me Urbain. Tout ce que je vous dis, c’est que mon client n’était pas là. » Et sur les actes d’enquête qui ont conduit à traduire en justice les six prévenus, il enchaîne : « On vous raconte une fable fantastique sur la base d’éléments qu’on réinvente. » L’essentiel de ces derniers reposant sur la présence avérée de tous les protagonistes sur les lieux de l’agression, mais pas forcément à l’heure de cette dernière. « Il était présent à Pargny-sur-Saulx à 18 h 15, bien c’est super ça ! », ironise-t-il. Mais cet élément n’a pas suffi à caractériser son implication aux yeux du tribunal, à l’instar de trois autres comparses. Sur les six mis en cause de la bande vitryate, quatre ont été relaxés.

Les deux derniers ont reconnu des coups, un « chassé » et des coups, pris dans un « effet de groupe ». Quel groupe ? Une inconnue qui demeure. Aux yeux de la justice, il ne s’agit donc pas des quatre autres mis en cause. Alors, oui, des Vitryats se sont bien mis en tête d’aller chasser du Pargnysien, pour une issue dramatique : une victime avec une plaque de titane ancrée pour toujours dans sa peau et de potentielles répercussions éternelles sur sa vue.

Une expertise médicale complémentaire

À ce titre, les deux condamnés écopent chacun de la même peine : 18 mois de prison avec un sursis simple à titre de peine principale, entre autres dispositions. Solidairement, les deux ayant pris part, de manière certaine, à l’agression devront indemniser la victime à hauteur de 6 000 euros, dont 1 000 pour les frais engagés par le jeune homme pour ses frais d’avocat. Une somme qui ne tient qu’à titre de provision. Si le Pargnysien s’est vu délivrer dix jours d’incapacité totale de travail, cela ne tient compte « que de l’intervention chirurgicale », rappelle son conseil.

Une expertise médicale à venir viendra consolider le préjudice physique dans son ensemble et ses répercussions sur le plus long terme. Viendra alors le temps de l’audience civile, prévue le 2 juillet 2025. Alors, les stigmates de la victime seront évalués à leur plus juste hauteur et l’indemnisation finale pour cette agression sera réévaluée, ou non.

 

ARTHUR DE LA ROCHE / Avocat : EN SAVOIR +