Suspectés du cambriolage d’une maison à Reims, ils voulaient seulement dormir dans le jardin, sur une barre de fer

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Que faisaient-ils donc, ces deux lascars, tard le soir dans le jardin d’une maison inoccupée, derrière un volet forcé avec bâton de bois et barre de fer ?

Mardi 26 avril vers 22 h 30, une habitante de l’avenue Sainte-Clotilde à Reims s’inquiète de voir la lumière allumée dans le jardin d’un voisin, qu’elle sait être absent. La police municipale arrive, trouve un autre voisin qui a les clefs, entre dans la propriété… et découvre deux personnages derrière un volet entrouvert, accroupis sur une barre de fer et un bâton de bois. Le volet a été forcé.

De nationalité algérienne et marocaine, l’un des suspects est SDF, l’autre hébergé par une Rémoise, tous les deux en situation irrégulière. Jugés le jeudi 28 avril en comparution immédiate pour la tentative de cambriolage, ils affirment que les deux « bâtons » ne sont pas à eux et qu’ils se sont introduits dans le jardin avec la seule intention d’y passer la nuit, derrière le volet.

Cambriolage à la vitesse d’un escargot
La version des deux compères laisse sceptique le tribunal. « Pourquoi étiez-vous assis sur des bâtons ? Pour dormir, ce n’est quand même pas très confortable », s’interroge le président.

Me Mathilde Martiny défend l’un des prévenus. Et soutient que le duo n’est pas venu cambrioler. « Il s’est passé trente minutes entre le moment où la voisine a donné l’alerte et le moment où ils ont été découverts dans le jardin. Je me suis intéressée à la durée moyenne d’un cambriolage en France et j’ai trouvé un article de la Dépêche. Bon, la qualité des informations de la Dépêche ne vaut pas celles du journal L’union (sic) mais le chiffre est le suivant : la durée moyenne d’un cambriolage est de trois minutes ! En trente minutes, ils auraient donc eu le temps de faire dix cambriolages ! En trente minutes, ils n’ont eu que le temps de forcer un volet. Je ne pense pas qu’ils aient eu l’intention de voler. »

Après en avoir délibéré, les juges abandonnent les poursuites pour « tentative de vol par effraction » et requalifient les faits en « dégradations volontaires en réunion ». Ils condamnent les deux larrons, casiers vierges, à trois et cinq mois de prison avec sursis.

MATHILDE MARTINY / Avocat : EN SAVOIR +