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Il fumait un joint dans la rue, avait de la drogue et de l’argent dans les poches. De quoi donner lieu à une perquisition : les policiers ont découvert dans son appartement des armes ainsi qu’une importante quantité d’héroïne cachée dans la hotte de sa cuisine et dont la valeur a été estimée à 19 000 euros.
« Un ami avait tous ces billets sur lui. Comme j’aime bien me la péter, je me suis pris en photo avec »,assure Alan Galleze que les enquêteurs soupçonnent d’alimenter un trafic de stupéfiants. Et ces quelques mots alors, qui agrémentent le cliché, « Cinq jours de charbon » ? « Ça n’a pas de signification particulière », répond le jeune homme de 29 ans qui s’est fait prendre « bêtement ». Il était en train de fumer un joint, accoudé à la portière de son Range Rover, quand une patrouille de police est passée. S’ensuit un contrôle au cours duquel il se montre nerveux, la main sur la poche de son pantalon. Et pour cause, il a sur lui six pochons d’héroïne qu’il dit être pour sa consommation personnelle, 1 105 euros en espèces et un couteau.
Drogue, argent et arme
Il n’en faut pas plus pour donner lieu à la perquisition de son appartement, qui va être fructueuse. Sur une étagère de la salle à manger, les policiers découvrent un pistolet d’alarme dont le chargeur est engagé. Dans la chambre de son enfant, 1 570 euros cachés dans une chaussette. « Mes économies et l’argent de mon mariage », assure-t-il.
Dans la penderie de la chambre parentale, un fusil de chasse et ses cartouches. Dans la cuisine enfin, 46 g d’herbe de cannabis dans un shaker et dans la hotte aspirante, 25 g de résine de cannabis ainsi que 641 g d’héroïne. Soit un butin dont la valeur a été estimée à 19 000 euros.
« J’ai eu un accident avec la voiture d’un dealer. Pour le dédommager, il m’a forcé à garder les stupéfiants. »Le prévenu
«Le cannabis, c’est pour ma consommation personnelle, je fume entre 20 et 25 joints par jour », admet le mis en cause. Quant à l’héroïne, elle ne lui appartient pas. « J’ai eu un accident avec la voiture d’un dealer. Pour le dédommager, il m’a forcé à garder les stupéfiants. C’est la première fois qu’il y en avait autant chez moi. Il m’avait laissé des pochons pour ma consommation personnelle pour la première fois aussi, c’est ce que j’avais dans les poches au moment du contrôle ». « Ce n’est pas de chance », commente la magistrate qui l’interroge sur l’argent qu’il avait sur lui. « Je ne vends rien, c’est mon argent, j’avais envie de l’avoir sur moi », assure Alan Galleze qui ajoute, « j’ai été cambriolé le jour de mon mariage. Le lendemain, j’ai reçu un message disant « si tu gardes pas, ça va être pire ». C’est pour ça que je l’ai fait et aussi que je me suis procuré des armes. »
« Tout le désigne », selon le parquet
« Le produit, l’argent, les armes, la mise en scène avec les billets : tout le désigne mais il nous ressert la rengaine de la nourrice contrainte de garder des stupéfiants chez elle », constate le substitut du procureur. En défense, Me De La Roche lui reproche « d’être tombé dans la facilité en évoquant les images d’Épinal du trafic de stupéfiants. Il est acteur de ce trafic en tant que consommateur et aussi victime : on lui a créé une dette avec cet accident, on a fait pression sur lui avec ce cambriolage. Pour autant, on n’a retrouvé chez lui aucun livre de comptes dans lequel il recenserait les clients comme c’est souvent le cas, tout juste a-t-on la trace d’une seule transaction via un message. »

