Huit jours pour juger les six accusés d’un sanglant règlement de compte près de Laon

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Un homme a reçu des coups de couteau lors d’une rixe il y a quatre ans. Victime mais aussi agresseur, avec cinq autres mis en cause, il revit depuis mardi à la cour d’assises cette folle nuit du 6 mai 2021 à Aulnois-sous-Laon.

Neuf jurés, sept hommes et deux femmes découvrent depuis ce mardi 20 mai autour de la présidente de la cour d’Assises et de ses deux assesseurs, le dossier de six prévenus accusés de tentative d’homicide volontaire ou de violences. Les faits ont été commis dans la nuit du 16 mai 2021, rue de la Barrière, à Aulnois-sous-Laon. Trois des prévenus risquent jusqu’à 30 ans de réclusion criminelle.

Cinq de ces hommes âgés pour le plus vieux de 35 ans sont libres et sous contrôle judiciaire. Un seul apparaît pâle dans le box des accusés. Il s’agit de Martial Coquelet, longue silhouette à la fine barbe noire. Le trentenaire est détenu à la prison de Reims depuis quatre ans. Toutes ses demandes de liberté ont été refusées par le juge de la détention. Et lorsque ce dernier a validé son placement sous bracelet électronique, le Parquet a fait appel

À l’heure des comptes, les couteaux de cuisine ont parlé

Neuf jurés, sept hommes et deux femmes découvrent depuis ce mardi 20 mai autour de la présidente de la cour d’Assises et de ses deux assesseurs, le dossier de six prévenus accusés de tentative d’homicide volontaire ou de violences. Les faits ont été commis dans la nuit du 16 mai 2021, rue de la Barrière, à Aulnois-sous-Laon. Trois des prévenus risquent jusqu’à 30 ans de réclusion criminelle.

Cinq de ces hommes âgés pour le plus vieux de 35 ans sont libres et sous contrôle judiciaire. Un seul apparaît pâle dans le box des accusés. Il s’agit de Martial Coquelet, longue silhouette à la fine barbe noire. Le trentenaire est détenu à la prison de Reims depuis quatre ans. Toutes ses demandes de liberté ont été refusées par le juge de la détention. Et lorsque ce dernier a validé son placement sous bracelet électronique, le Parquet a fait appel.

À l’heure des comptes, les couteaux de cuisine ont parlé

Martial Coquelet, Me Delaroche son avocat l’a bien compris, risque d’attirer la curiosité de la cour, dans cette session programmée pour se terminer en fin de semaine prochaine. Pourquoi lui, aussi victime mais qui doit répondre de tentative d’homicide sur la personne de Kévin Malherbe est-il en détention plutôt que Yassine Bounouar et Kevin Boutrouille, mis en examen pour les mêmes faits ? Me Delaroche s’en étonne et questionne Yassine Bounouar. « Vous trouvez cela normal ? », lance-t-il en sa direction ? « Je ne répondrais pas à dette question », lui oppose M. Bounouar.

La double casquette

Il y a une raison qui justifie peut-être cette incarcération, et on la cherchera sans doute du côté des coups de couteau dont Kévin Malherbe a été destinataire dans cette soirée imbibée d’alcool. Trois coups à l’épaule et au thorax, des litres de sang perdus, trois jours en réanimation, parce que l’ex conjoint de Laura, copropriétaire de la maison d’Aulnois dans laquelle la scène s’est jouée, redoutait de la découvrir maltraitée par son nouveau compagnon. Il a débarqué avec deux amis. À l’heure des comptes, les couteaux de cuisine ont parlé. Kévin Malherbe a été blessé, mais il s’est défendu. Si bien qu’aujourd’hui Me Bouchaillou son avocat porte la double casquette de défenseur d’une partie civile et d’un agresseur.

La présidente a lu les 55 pages de l’ordonnance de mise en accusation. Les faits reconstitués par les enquêteurs sont documentés. Seront-ils abondamment commentés ? Pas sûr. Les protagonistes annoncent les reconnaître en grande partie. Ceci devra pourtant être vérifié car mardi, l’examen de la personnalité des mis en cause, a laissé entrevoir quelques envies de rectifier le contenu du dossier. Les prévenus ont tous un passé judiciaire. Deux mentions pour Kévin Malherbe, quatre pour Kévin Boutrouille, cinq pour Martial Coquelet que l’on décrit impulsif, manipulateur et instable. La lumière va venir sur lui qui nous apprend avoir reçu un coup de lame sous la douche, à la prison de Reims, un coup commandité, dit-il, par Malherbe et ses amis. Ça promet.

ARTHUR DE LA ROCHE / Avocat : EN SAVOIR +