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Reconnu coupable d’avoir mortellement poignardé un Rémois de 26 ans, mais sans intention de le tuer, un ami d’enfance de la victime a été condamné ce mercredi 26 mars à dix ans de réclusion criminelle par la cour d’assises de la Marne.
Me Arthur De La Roche plaidait pour Renaud Sury, 26 ans, condamné ce mercredi 26 mars à dix années de réclusion criminelle par la cour d’assises de la Marne pour avoir tué d’un coup de couteau celui qu’il considérait comme son frère, lors d’une soirée d’anniversaire en janvier 2022.
L’avocat général Pedro Teixeira avec requis une peine plus lourde – treize ans de réclusion criminelle – mais il a été suivi dans sa demande de requalification des faits en « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Initialement jugé pour « meurtre », Renaud Sury a toujours contesté avoir frappé pour tuer.
Incarcéré depuis le 31 janvier 2022, il reste en détention. La période de sûreté, sans aménagement possible, est fixée à la moitié de la peine, soit cinq ans.
Un demi-litre de vodka
Le 28 janvier 2022, les deux jeunes gens avaient participé à une première soirée au quartier Croix-Rouge. Khalid Bouta s’était ensuite absenté, expliquant rejoindre quelqu’un de sa famille. En fait, il rentrait chez lui, rue de Courcelles, où une fête d’anniversaire était organisée avec plusieurs copains venus avec deux filles, « une soirée plus ou moins alcoolisée », avec « joints » et « consoles de jeux », a rappelé l’avocat général.
La soirée prenait fin, vers 7 heures, lorsque Renaud Sury est passé à l’appartement de Khalid après avoir bu « une demi-bouteille de vodka ». Découvrir qu’il n’avait pas été invité l’a rendu furieux. Son ami s’est fait insulter. Bagarre, retour au calme, puis nouvelle altercation à l’initiative de l’accusé, selon les témoins. Lui a raconté la suite ainsi. « Je le pousse. Il me met un coup de poing. On commence à se battre. À un moment, il est sur moi. Je me réfugie dans la cuisine et je vois le couteau que je prends pour l’intimider. »
Le couteau était un Laguiole, avec une lame en acier de douze centimètres. D’après Renaud Sury, Khalid Bouta l’a « pris par les jambes » pour le faire tomber et « par réflexe », il lui a porté deux coups de couteau dont l’un, « enfoncé profondément » au bas du dos, provoquait une hémorragie fatale de l’aorte. Khalid Bouta, mort en présence de son ami, avait 26 ans.
Avocat de la famille, Me Pascal Ammoura est revenu sur les premiers mensonges de l’accusé. Renaud Sury avait d’abord tenté d’imputer les coups de couteau à une autre personne, avant d’avouer en cours d’instruction. Il avait menti par peur des représailles, a-t-il expliqué. Gardés à vue en même temps que lui, certains des participants à la soirée avaient proféré des menaces de mort envers lui et sa famille, depuis les geôles.
« Discours de culpabilité »
« La gravité des faits », « l’alcoolisation », les « violences répétées » ont conduit à cette peine de dix années de réclusion criminelle, mais moins lourde que celle requise par l’avocat général car « la cour a pris en compte votre discours de culpabilité », « l’absence d’antécédent judiciaire » et « la demande de soins » engagée en détention, a commenté la présidente Émilie Philippe.
L’attitude de Renaud Sury « après les faits » a également atténué la condamnation. Lui seul n’a pas pris la fuite, resté « désemparé », « en panique », auprès de son ami qui lui aurait dit « Renaud, je vais mourir », avant de sombrer dans le néant.
ARTHUR DE LA ROCHE / Avocat : EN SAVOIR +

