Soissons : Trois frères seront jugés en mars pour avoir blessé par balle un éducateur

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Vingt mois après le coup de feu qui a blessé un éducateur de Chevreux, en juin 2019, trois suspects, les frères Karmoud devaient être jugés ce vendredi à Soissons. Le procès a été renvoyé en mars mais le principal mis en cause reste en prison.

 Vingt mois après avoir reçu une balle dans le mollet, Mohammed Aissaoui souffre de séquelles irréversibles selon son avocat, Me Anthony Jacquemin. Son incapacité totale a été évaluée à 120 jours. Passionné de foot, l’éducateur de 29 ans ne peut plus faire de sport.

Ce vendredi, sur les conseils de son avocat, la victime était absente à ce qui devait être le procès de ses trois agresseurs présumés : Mohssin Karmoud, toujours détenu et ses frères Salim et Nassir, tous deux libres mais placés sous contrôle judiciaire. « [M. Aissaoui] a été très courageux lors des confrontations. Après l’une d’elle, sa voiture a été dégradée. On avait écrit Balance sur sa voiture ».

Le procès étant renvoyé au 28 mars, les magistrats n’ont pas abordé les circonstances de l’agression de M. Assaoui mais ils ont dû se prononcer sur le maintien en détention de Mohssin Karmoud, soupçonné d’être l’auteur du tir, et sur les conditions du contrôle judiciaire de ses frères cadets. Me Arthur Delaroche, l’avocat de Mohssin Karmoud a fait savoir qu’il contestait les déclarations le désignant comme tireur. Ils ont l’interdiction de se parler, mais aussi d’entrer en contact avec la victime et avec les habitants de Chevreux.

Opposé à la remise en liberté de Mohssin Karmoud, le procureur Julien Morino-Ros a appelé « à avoir à l’esprit le climat de violence extrêmement fort » régnant autour des faits. Il a mis en avant le risque de pression sur les autres protagonistes du dossier, le risque de réitération et le risque de fuite du principal mis en cause.

Le casier judiciaire de Mohssin Karmoud compte 14 condamnations dont plusieurs à des peines de prison : enlèvement et séquestration en 2013, violence sur ascendant, en l’occurrence sa mère, en 2011, vols… En détention, il a été impliqué dans quatre incidents : deux détentions de téléphone, une bagarre et un refus de retourner en cellule avec menace d’un surveillant.

Le contrôle judiciaire de ses frères se déroule normalement. Salim, treize mentions au casier judiciaire pour vols, violences, extorsion et usage de stupéfiant, vit à Reims et ne peut pas sortir de la Marne sans autorisation. Il a demandé et obtenu un allégement de son contrôle judiciaire de façon à ne pas devoir pointer au commissariat les jours où il travaille.

Le procureur a mis en avant les risques de pressions, de réitération et de fuite de Mohssin Karmoud

Nassir, dont le casier est moins lourd que ses aînés avec cinq condamnations, réside à Crouy et doit pointer trois fois par semaine au commissariat de Soissons. Seul présent au tribunal, il a raconté à la barre qu’il avait revu Mohammed Aissaoui à Soissons. « On s’est croisé, on ne s’est pas adressé la parole ».

Pour l’avocat de Mohssin Karmoud, Arthur Delaroche, cette rencontre fortuite qui n’a entraîné aucun incident montre que le risque de pression sur la victime évoqué par le procureur relève « du fantasme ». Il conteste également le risque de fuite : « les peines encourues par ses frères sont les mêmes. Est-ce qu’ils ont pris la fuite ? ». Insuffisant pour obtenir la libération de son client.

Mohssin Karmoud restera en prison au moins jusqu’au jour du procès, le 24 mars prochain.

Les faits
Le 3 juin 2019, vers 20 heures, Mohammed Aissaoui, un éducateur de 27 ans, était blessé par balle au mollet, près de chez lui à Chevreux.

Trois frères sont mis en causes : Mohssin, Nassir et Salim Karmoud, âgés respectivement de 32, 30 et 27 ans.

Ils sont arrêtés un par un dans les semaines et les mois qui suivent. À ce jour, seul Mohssin Karmoud, suspecté d’être l’auteur du tir demeure incarcéré.

Prévu ce vendredi au tribunal de Soissons, leur procès a été renvoyé au 24 mars, en raison de l’indisponibilité d’un avocat.

ARTHUR DE LA ROCHE / Avocat : EN SAVOIR +